Il est si petit le jardin de ma maison
C’est le dernier refuge des herbes en bataille
Un petit bout de terre pour l’imagination
Une jungle où rugit le lion de mes failles
Un arbre dans un coin s’y prend pour un grand chêne
Des roses contre un mur parfument le regard
Les pansées s’y imaginent comme des fleurs de reines
Mes pensées s’y perdent : il est déjà trop tard
Le seul maitre avoué de ce petit royaume
Est sa surface immense de dix mètres carrés
Une ligne de fuite que les idées embaument
Devant la puanteur de la propriété
Il n’y a rien de secret sur ce lopin de terre
Il est déjà de taille pour une concession
Où dorment les esprits qui n’auront su se taire
Devant la prétention d’être riches à millions
Il me plait mon jardin, j’en ferai bien ma tombe
Il est aussi petit que grande l’éternité
On peut y mesurer l’effet de cette bombe
A laquelle s’exposent toutes nos vanités
Voilà c’est mon refuge, cet endroit où je brille,
Le seuil de ma maison. Je suis content d’y être.
J’y attends mes enfants, ma petite famille.
Et quand l’hiver est là, je lui écris des lettres.
Je lui parle des fleurs qui revivent au printemps
Pour qu’il soit consolé d’avoir perdu cet être
Qui était ce grand arbre pour ses petits enfants
Je raconte une histoire : le bonheur peut renaitre

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