lundi 30 décembre 2024

Blanches neiges


 

Le voici revenu le temps des blanches neiges
Qui fait pleurer les yeux de la tendre Margot
Lorsque décembre est là, jouant de ses arpèges
Peignant les paysages, pages vierges de mots

Les villes s’embellissent de lumières de fête
Dans les rues les passants pressent leurs petits pas
Les enfants d’autrefois conservent dans leur tête
Les souvenirs jolis brillant de mille éclats

Il est bien mort le temps quand dans le cœur des villes
L’on pouvait à l’instant faire battre le sien
Ils ont vécu les jours des vitrines habiles
Maintenant pour rêver il n’y aura plus rien,

Finis ces commerçants, fiers marchands de merveilles
On s’achetait au prix de quatre francs six sous
Un morceau de bonheur sans que nul ne surveille
Nos envies, nos plaisirs, jusqu’à nos moindres goûts

Aujourd’hui pour sourire il faut se comporter
Comme un consommateur qui a trop d’appétit
Quand les soldes sont là “qu’il faut tout emporter”
Voilà où l’on en est dans ce monde sans vie.

JPE 

Photo de l'auteur

dimanche 29 décembre 2024

Bois flotté (M)

 


 
 
je suis un bout de bois flotté
je sue le sel de tristes larmes
au soleil de tous les étés
des tempêtes j’oublie le vacarme
 
que reste-t-il de ce vaisseau
qui m'a donné de son prestige
j'ai le vertige dans mes mots
de voir mon mal en mes vestiges 
 
risée des vagues du passé 
du peintre je suis la pauvre toile
sous son pinceau je suis pincée
d’une autre vie privée de voile

comme une épave de bois flotté
je finirai dans l’amertume
à réchauffer mon cœur brisé
de vagabond de l’infortune

 


 


samedi 28 décembre 2024

Borborygmes (M)

 

 

 

 

Borborygmes

Que j’admire mon chien qui se moque des mots
Que sont pauvres mes phrases sans le secours des lettres
Mais que sont mes idées, que serait tout mon être
Quand je ne peux me taire d’envier les animaux
 
Refrain:
Parlons en silence, écoutons la sagesse 
D'un monde sans discours où tout n'est qu'allégresse
Les animaux nous montrent d'un geste ou d'un regard
Que la vie se comprend sans détour ni hasard.

Point besoin de discours quand ils remuent la queue
Alors qu’il m’est facile de faire taire la mienne
Ne riez pas de moi, la vie est une chienne
Qui fait de nous des hommes bien souvent vaniteux
 
Quand l'année s'achève dans un murmure fou
Le bonheur disparait sans qu'on sache bien où
Essayons pour un jour de taire les artifices
Et de lire dans nos cœurs les mots d'un vrai délice
 
Car oui, il faut bien rire quand l'année se termine
Le bonheur est passé dans un silence fou
Nul ne l'a vu partir et on ne sait bien où 
C'est bien pour ça qu'on pleure, que l'on fait triste mine
 
Refrain
Parlons en silence, écoutons la sagesse 
D'un monde sans discours où tout n'est qu'allégresse
Les animaux nous montrent d'un geste ou d'un regard
Que la vie se comprend sans détour ni hasard.
 

4 janvier 2025

vendredi 27 décembre 2024

Bouquet (M)

 


 

 https://youtu.be/RPr2Ck-dm58?si=TUJJuSKS5PedicRZ

 Résistante absolue aux froidures hivernales
La rose de noël impose sa fraicheur 
Telle une héroïne de la vie végétale
Elle s’oppose au déclin en plaidant le bonheur
 
Quand après cette fleur la nature se cherche
Pour traverser l’hiver et la tendance aux pleurs
Il y a celui qui sous le sol se perche
Perce neige audacieux bien que petite fleur
 
Et janvier apparait sur le bord des fenêtres
La jacinthe dressée montre le bout du nez
De coroles en cascade il est là tout son être  
Qui fièrement surgit de nos envies d’été 
 
L’avalanche qui vient de la saison glaciale 
Propose l’espérance au jardin des couleurs
Bref voilà la jonquille et son jaune pétale 
Elle enivre les sens de son ultime odeur 
 
Le printemps n’est pas loin et c’est la primevère 
Qui parfume les jours d’avril et février 
Elle est ce point d’honneur dont elle n’est pas peu fière 
Qui montre le chemin de nos tendres pensées 
 
Le joli moi de mai agite ses clochettes  
Les beaux jours se confirment, c est le temps du muguet 
La patience du cœur et de ces millions d’êtres  
A trouvé en son sein la fleur du révolté  
 
Il n’y a point d’hiver au pays des fragrances 
Pour qui se sent tout seul ou bien emprisonné 
Les fleurs sont toujours là, rappelant notre enfance
Lorsque nous savions rire en toute liberté.
 

JPE - 22.02.2024

Tableau de Raoul Dufy

lundi 23 décembre 2024

Brocante (M)

 

 


 

La seule encre qui vaille 

La seule encre qui vaille pour faire pleurer les yeux
C’est celle qui s’inspire des chagrins amoureux
Sur le marché aux puces des vieux meubles brisés
L’on trouve la poussière des amours délaissées
Quelques photos jaunies par le temps et l’oubli
De vieilles porcelaines que les jours ont meurtries.
La boutique illusoire de tous ces vieux objets
Pour un kopeck de plus du souvenir promet
De vous payer l’histoire que vous n’auriez vécue:
La mémoire mystère des amants disparus.
Ainsi de la vie, s’achète-t-on les âmes,
Qui de la mort d’autrui nourriront vos larmes,
De pensées éperdues et peut être un peu plus.

JPE 

(Photo de l'auteur)

dimanche 22 décembre 2024

Cachot (M)


 

Cachot (M) 

On condamne au cachot le mot qui se révolte
Alors que le poète crache la vérité
Le silence se fait c'est tout ce qu'on récolte
 Quand on a le malheur d'aimer la liberté
 
Dans le moindre des cas on vous montre du doigt
Mais plus souvent les lâches vous tournent au ridicule
De vous être insurgés en défendant le droit
D'un pays qui s'enfonce et ainsi capitule
 
Alors vient le moment où l'on laisse sa plume
Sur le coin de la table de notre désespoir
 Car l’encre de nos mots pour sortir de la brume
 Renoncera au dire, privilégiant le noir
 
Ce noir sera celui des combattants de l'ombre
Qui avancent pas à pas vers la possible mort
Oui, si l'esprit survit c’est par ce petit nombre
De ceux qui ont brisé ce tout dernier ressort
 
Il n'est qu'un seul recours quand le tyran avance
Il faut donner sa vie pour que la vérité
Renaisse de ses cendres et rende à la France
Un destin à sa gloire : son immortalité.

 26.02.2024

Image créée par l'auteur

 

L'auteur

      Ce blog de poèmes recense les écritures poétiques de Jean-Pierre Estrade, et non celles de VMH, auteur des blogs rattachés. Ils ont é...