mardi 14 janvier 2025

Abîme (M)


https://youtu.be/Tf2TYumdmZo?si=tvAZH34KFio6xvze 

Quand tape le soleil et que l’eau se fait rare
Que le sable du temps brûle jusqu’à nos yeux
Qu’il n y a plus personne pour nous rendre joyeux
Que reste-t-il à l’homme pour vivre son histoire ?

Alors dans ce désert que procurent les juges
Où les gens nous regardent comme des voleurs de vieux
Derrière les barreaux de tous ces pauvres gueux
L’on survit comme on peut en cherchant un refuge.

Nous prions le destin qu’il défende la cause
D’un condamné pour rien au tribunal du mieux
Nous rêvons d’une fleur qui irait jusqu’aux cieux
En souhaitant que nos larmes arrosent cette rose

Comme il est difficile dans ce monde sans âme
De vivre dans la paix de ceux qui ont tout donné
Alors qu’on nous demande d’être suppliciés
D’avoir commis l’outrance d’avoir cru en la femme.

Faut-il aimer la vie ? Doit-on dire à l’amour
D’aller se faire voir au bordel de la ville,
Dans ces lieux où l’on paye afin d’être tranquille
Où le fait d’aimer l’autre n’est pas un geste lourd ?

Chacun fait son chemin quand la vie nous sépare
Mais pourquoi toujours vouloir se retourner
Au lieu de faire le choix de se faire oublier
Parce que quoique l’on pense, il est déjà trop tard

Puisqu’il en est ainsi en cherchant une excuse
Dans la faute de l’autre en effaçant son crime
Puisse-t-il se trouver au-delà de l’abîme
Un enfer ou l’on brûle ceux qui tuent et accusent.

JPE

dimanche 12 janvier 2025

Au coin du feu (M)



 AU COIN DU FEU

Le général hiver a lancé l’offensive,
Avec son avant-garde de gris et de frimas
Ce matin il a plu, c’est la grande lessive
De nos idées reçues en terme de climat.

J’ai allumé le feu en attendant la neige,
La cheminée expose les flammes orangées
Qui dansent la samba, composant les arpèges
La symphonie du chaud de ces jours oubliés.

Ma grand mère contait, nous écoutions l’histoire,
Enfants que nous étions, émerveillés de tout.
Nos écrans à l époque étaient cet âtre noir
Où se jouait la pièce des moments les plus doux.

C’est bien au coin du feu que j ai appris tant de choses,
Lorsque l’hiver venu les mots qu’on écoutait
Forçaient à l’attention et nous dictaient la prose
De ce qu’est une vie où il n y a qu’un été.

JPE -Novembre 2022

 

vendredi 10 janvier 2025

Au pays des brumes


 

 

 

 

 

 

 

 
 
En ce matin brumeux parfumé des délices
De ces odeurs de rose, de frissons amoureux
La terre se réveille, mon cœur est au supplice
De ne pouvoir offrir à l élue de mes yeux

La fleur de mon ardeur de renaitre le jour
Des nuits de cœur battant, des rêves en éclipse
Du soleil de minuit des jardins de l’amour.
S’il est un jour de deuil, qu’enfin on en finisse.
 
Puisse le chant du coq ôter de ma douleur
L’impossible misère des amants solitaires
Dont l’âme se morfond dans l’espoir d’un bonheur
Hypothétique droit de ceux que l’on fait taire

La mémoire est ténue lorsque le corps se lasse
Les souvenirs s’en vont au pays des oublis
La caresse du corps dont le plaisir se passe
Devient poussière d’ange au sein de nos envies

J’offre ces quelques mots aux pauvres malheureux
Qui ont pour compagnons l’espérance du vide,
Le besoin de donner et qui gardent pour eux
L’expression d’un aveu tellement insipide.

Puisque le jour se lève et que le soleil brille
Choisissons en rayon ce qu’offre la chaleur
Après l’hiver qui tue lorsque tout part en vrille
Quand le froid mord la peau, que monte la clameur

Des révoltes sans nom des mendiants du bonheur

JPE 

Photo de l'auteur

mardi 7 janvier 2025

Auriez-vous du feu ?


 

Je t’aime parce que c’est toi,
Jamais personne d’autre
N’a donné à mon cœur la raison d’exister
S’il me faut de la vie ne plus être l’apôtre
J’irai jusqu’en enfer pour ne pas t’oublier
Je brûlerai des jours et des nuits infernales
Je serai l’incendiaire de tes pures pensées
Si tu décides enfin de te faire la malle
Je me consumerai jusqu’à l’éternité

JPE

dimanche 5 janvier 2025

Autodafé

 


Si tous les abrutis devaient s’donner le mot
Il n’y aurait sur terre que bruit et parano
Si tous les intellos savaient un peu se taire
Les p’tits que nous sommes ne feraient plus de guerre

Pourquoi couper les pieds à chacun de nos vers ?
Seraient-ils des rampants esclaves du pervers ?
Je pense que sur les murs des ruines de nos pères
Progresse la pensée et périt la misère

Le savoir de chacun est comme une montagne
Qui croît au cours des ans loin de ce triste bagne
De la mode du jour des tyrans de l’esprit
Qui n’ont derrière eux qu’ignorance et mépris

Le latin et le grec bientôt seront proscrits
On brûle le passé, les paroles et écrits
Qui de ce que l’on est font civilisation.
Il n’y aura plus rien au royaume des cons.

JPE 


vendredi 3 janvier 2025

Automne


 

C’est l’heure où les esprits s’embrument dans la chaleur déclinante de la fin de l’été.
Quand la nuit se fait jour, que les étoiles s’envolent au-delà du réel de nos rêves perdus

C’est l’automne ! La saison des couleurs chatoyantes, de la joie
qui se meurt.

Les nuits se font plus fraîches mais les journées sont chaudes
Et les petits matins assistent au combat où se verse le sang
De ce contraste étrange: c’est la brume diaphane qui estompe les lignes de fuite des villages fantômes

Nous sommes témoins et acteurs d’une grande bataille.
Les chevaliers fringants que furent août et juillet perdent de leur superbe.
Lorsque septembre est là ils livrent l’assaut du désespoir pour ne point renoncer aux conquêtes trompeuses qui ne sont qu’illusion quand le froid mord la peau.

Un sommeil paresseux envahit la campagne. Le soleil prend son temps pour réchauffer le sol.
La lune des fins de nuit s’entoure de l’écharpe des brouillards matinaux. Ici et là quelques oiseaux noirs ponctuent le ciel de la phrase d’automne.
Ils sont les pointillés de ma fuite en avant.

JPE

 

L'auteur

      Ce blog de poèmes recense les écritures poétiques de Jean-Pierre Estrade, et non celles de VMH, auteur des blogs rattachés. Ils ont é...