lundi 4 novembre 2024

Le train train


C'était un 5 juin en lumière
Ton doux regard, ma vie entière 
On croyait jamais sans trembler
Qu'un seul amour pouvait durer
Nos mains scellaient une promesse
Comme un serment, comme une messe
 
Deux fils sont nés dans notre histoire
Deux feux allumés dans le noir
Ils couraient rieurs et bénis
Dans le jardin de notre vie
Mais les nuages ont tout couvert
Le vent s'est levé avec l'hiver
 
Est-ce cela la nostalgie
Une larme au bord de la vie 
La gorge serrée sans raison
L'écho muet d'un abandon
Un voyage à deux qui s'éteint 
Quand l'un des deux descend du train ?
 
Deux mille dix sept, fin du voyage
Nos voix figées dans le naufrage
Pas un adieu, pas un regard
Juste un matin un peu trop tard
Le fil rompu entre nos mains
Et deux absences pour témoins
 
Ils ont grandi devenus pères
Il y eut l'amour pour les deux frères
L'aîné blesse par l'abandon
Marche en silence sans pardon
Leurs fils nous lient, discrets témoins
D'un feu qui brûle encore plus loin 
 
Est-ce cela la nostalgie
Un souffle au creux de la survie
Une photo qui fait frisson
Un mot qu'on garde en prison
Un voyage à deux qui s'éteint
Quand l'un descend tout seul du train ?
 
Mais ce cinq juin revient discret
Et ton sourire reste en secret
Même si le temps nous sépare
Sur cette grève un peu trop tard
S'échoue le rêve des amours fous
Ce quotidien qui tue le nous. 
 
5 juin 2025 
 

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L'auteur

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